Éducatrice technique spécialisée, dix ans de terrain. Aujourd'hui préventrice des risques professionnels. Une partie de mon métier consiste à écouter des travailleurs sociaux parler de leur travail.
Les risques psychosociaux ne sont pas une spécialité que j'aurais choisie sur un catalogue. C'est une réalité qui s'est imposée à moi, malgré moi. Par mon poste d'abord, qui m'a mise aux premières loges de ce que nos conditions d'exercice font aux professionnels : l'usure, la charge, les procédures qui s'empilent. Des gens qui aiment leur métier, mais plus la façon dont on le leur fait exercer.
Et par mon propre parcours ensuite. Cet épuisement-là, je l'ai traversé aussi, dans plusieurs de mes expériences. Je ne vous en parle pas de loin.
Depuis quelques années, deux phrases reviennent dans ces échanges. La première, dite avec lassitude — vous l'avez peut-être déjà prononcée :
« Je veux changer… mais pour faire quoi ? Je ne me vois rien faire d'autre. »
Et puis, chez certains, un cran plus loin, arrive la seconde. Presque toujours à voix basse, sur le ton de la confidence, comme si c'était un peu honteux :
« Je pense à me mettre à mon compte. »
Elle vient de profils très différents. Une éducatrice spécialisée usée par l'internat. Un assistant de service social qui ne supporte plus de gérer des files d'attente au lieu d'accompagner. Une éducatrice de jeunes enfants qui voit exactement ce qu'elle voudrait proposer aux familles, et que sa structure ne proposera jamais.
Mais la suite est toujours la même. Après la phrase vient la liste des raisons. Et après les raisons vient le mais.
Et la conversation se referme là, jusqu'à la prochaine fois.
Il faut le dire clairement : si le mais gagne si souvent, ce n'est pas un problème de courage. C'est que personne ne nous a appris à nous installer. Ni à l'IRTS, ni en formation continue. Nulle part.
On nous a formés à accompagner. On ne nous a jamais formés à créer et à faire vivre notre propre cadre d'exercice.
Alors quand l'envie arrive, elle se cogne à un mur de questions sans réponses. Quel statut ? Quel tarif ? Ai-je le droit ? Qui me fera confiance ? Et si ça ne marche pas ?
C'est pour répondre à ces questions — aux miennes d'abord, puis à celles des collègues — que j'ai créé L'Atelier du Social.
Le mot est choisi. Un atelier, c'est un endroit où l'on fabrique des choses qui servent, où l'on répare ce qui casse, et où l'on reprend l'ouvrage quand la matière change. Pas un endroit où l'on vend des méthodes.
J'y fabrique des outils concrets pour que les travailleurs sociaux puissent s'installer et exercer en libéral le plus sereinement possible. Une checklist, un simulateur de tarif, des documents juridiques, une formation. Rien de magique : de l'artisanat, de la rigueur, du pragmatisme.
Tout ce que je fabrique poursuit le même but : réduire le temps de l'ombre — les écrits, les mails, les trajets, la comptabilité, tout ce travail réel qui ne se facture jamais — pour le rendre à la relation. C'est ça, libérer du temps machine pour redonner du temps humain.
Autant le dire tout de suite : si vous cherchez ça, vous perdrez votre temps.
Ce moment où l'envie est là mais la décision pas encore prise mérite mieux que ça. Il mérite des faits, des ordres de grandeur honnêtes, et une méthode.
Commencez par la checklist : vingt-six points à vérifier, et vous saurez précisément où vous en êtes. C'est gratuit, et ça transforme un flou en liste de choses à faire.
Télécharger la checklistVous préférez commencer par les chiffres ? Le simulateur de tarif est là. Et si vous voulez simplement en parler, écrivez-moi : je lis chaque message et je réponds sous quarante-huit heures.
Écrit par Laure, éducatrice technique spécialisée. Des outils concrets pour le terrain, pas du blabla.